lunes, 6 de mayo de 2024

II PARTE CAILLOIS

 

Caillois concède qu’en un sens le rêve est plus réel que la vie, en tant que « foyer de forces cachées » (...) Du même que Cases d’un échiquier semble parfois postuler que nous sommes « joués », L’incertitude qui vient des rêves semble ça et là mener à l’hypothèse d’on ne sait quoi d’immense par quoi nous sommes « rêves "

Pour Caillois la conception traditionnelle de l’humaniste c’est-à-dire, de l’homme comment propriétaire privilégié de la raison et la logique, sera peu à peu amplifiée pour une position que Yourcenar essaie de définir comme « l’humanisme que passe par l’abime » Déjà Caillois avait fait sienne cette phrase de Rimbaud : « Je fixais des délires » en notant : « c’est fixer qui définit la tâche du poète » Caillois restera fidèle à cette formule, « et cela d’autant plus que les objets que fixeront (…) ses suprêmes méditations, seront les plus concrètes, les plus denses, les plus immobiles que nous offre le paysage terrestre, sur lesquels il concentrera sa vision comme de plus banals voyants sur une boule de cristal : les pierres »

Yourcenar fait allusion a son court chef d’ouvre Patagonie comme « le passage de l’eau » En effet, le rencontre du territoire de Patagonia l’a inspiré cette ouvre écrit durant son exil avant-guerre quand, in face à la présence de forces du mal, certains esprits parmi lesquels celui de Caillois, avaient pris parti en faveur de la raison et de la rigueur. Patagonie représente certainement, comme il l’a dit lui-même « une fêlure que s’était faite et secrètement agrandie » en lui. Cette rencontre d’un lieu nette, pure, qui ne doit rien encore à l’effort de l’homme, ce paysage fossile, réserve anachronique d’espaces grandes ouverts, le réaffirme sa confiance en le valoir humaine ou au moins « l’espoir que l’homme saura mettre bon ordre au moment voulu au désarroi qu’il a lui-même crée »

C’est à ce moment d’incontestable évolution de sa recherche, quand le flot cosmique « a tout roule, ou plutôt tout soulevé : Il le dit lui-même : « J’ai peu à peu cesse de considérer l’homme comme extérieur a la nature et comme sa finalité »

Et c’est grâce au développement de cette considération que Caillois arrive au summum de sa pense, qui n’est rien d’autre que la découverte de la mystique de la matière, expression que condense ses plus lointains ouvres, autant ses premières comment ses dernières livres, et a lequel il arrive une fois avoir « retrouve l’humain le long d’une échelle qui va des molécules aux astres » Et c’est parce qu’il a déjà « constaté dans tout l’univers la présence d’une sensibilité et d’une quasi-conscience analogues aux nôtres, q’on a parlé d’anthropomorphisme »  Mais au-delà de ça, Caillois a exalté au contraire, un anthropomorphisme à rebours dans lequel l’homme, loin de prêter, parfois avec condescendance, ses propres émotions au reste des êtres vivants, participe avec humilité, peut être aussi avec orgueil, a tout ce qui est inclus ou infus dans les trois règnes » La constatation de ce fait, passe pour l’étude des diagonales qui relient entre eux les espèces, des récurrences qui servent pour ainsi dire de matrices aux formes. Dans Méduses et Cie il avait déjà « médité sous les transformations des insectes, devenaient somptuaires ou terrifiants, masques de parade ou de combat, ornements nuptiaux ou panoplie d’hypnose », que témoigneraient un besoin quasi conscient de changement d’élaboration. Pour Caillois, tout confirmait la liaison de l’homme avec l’univers en tant qu’être qui appartient à ce « tout ». Même dans la nature, « l’asymétrie et la symétrie déterminent à elles deux non seulement toutes les formes façonnées par l’homme, mais aussi la torsion des troncs d’arbres et les striures des pierres » A ce sujet, Caillois déclare : « Je sais comme tout le monde, l’abime qui sépare la matière inerte et la matière vivante, mais j’imagine aussi que l’une et l’autre pourraient présenter des propriétés communes. Je n’ignore pas non plus qu’une nébuleuse qui comprends des millions de mondes et la coquille secrétée par quelque mollusque marin défient la moindre tentative de comparaison. Pourtant, je les vois toutes deux soumises à la même loi du développement spiral qui préside à la torsion des colonnettes byzantines et aux spirales de bronze baroques du baldaquin de Saint-Pierre » Et à propos de ça, Yourcenar ajoute avec totale justesse : ‘L’aventure esthétique de l’homme, vue de telles perspectives, apparait non diminuée, mais sacralisée »

L’expression « mystique de la matière » en tant qu’établisse la liaison qui l’on tient à évader, ou plutôt à séparer, entre le « rationnel » et « l’irrationnel » est prise pour Yourcenar pour nous rappeler que cette liaison est aussi ancienne comme venant des présocratiques, même  de Platon et Aristo, et , le plus intéressant, a manière d’exemple : que David de Dinant « brûlé aux Halles au XII siècle est loué par Giordano Bruno, autre brûlé, d’avoir élevé la matière a la dignité d’une chose divine » Et plus encore, que « Le Corpus Hermeticum conseille d’entendre « la grand voix des choses »

C’est en nous rapprochant au suprême objet d’amour et d’études de Caillois, les pierres, que « de lointains harmoniques » nous résonnent : « le symbolisme alchimique a, chose curieuse, comparé la pierre au corps humaine qui, si instable qu’il soit (…) constitue néanmoins « un fixe » compare aux éléments physiques plus fluides et plus instables encore. 

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