domingo, 10 de mayo de 2026

LE MEILLEUR DES MONDES

 


Quelques extraits de la préface rédigée par Aldous Huxley à propos de son livre Le Meilleur des Mondes

                    Maria Eugenia Sanchez

 

Ecrit en 1946, dans cette préface, Aldous Huxley ne fait pas des prophéties, ni d’énigmes.  Suivant le fil de sa pensée rationnelle et basé sur l’analyse objectifs de son temps présent, el dessine une image presque exacte du notre présent dans le monde actuel.

Même s’il ne pouvait pas imaginer que l’évolution des technologies de la communication, l’irruption d’internet, sa présence global et son énorme influence, sous la forme de « le village planétaire »  serait l’instrument idéal pour imposer (nous imposer) notre nouvelle esclavage et notre « amour pour la servitude » , Huxley  touche le point central sur les mobiles de l’Elite tout puissante que gouvernerait le monde sous des formes totalitaires; en alliance ou plutôt soumis- , au pouvoir économique mondial et supranational

  

A continuation le récit de Huxley :

 

”…Mais, Le Meilleur des mondes est un livre sur l’avenir… » (et) …  Quel est le dégrée de plausibilité que semblent posséder ses diagnostiques ? …..

Le thème du Meilleur des mondes n’est pas le progrès de la science en tant que tel ; c’est le progrès de la science en tant qu’il affecte les individus humains. Les triomphes de la physique, de la chimie et de l’art de l’ingénieur sont pris tacitement comme allant de soi. (…) « C’est uniquement au moyen des sciences de la vie que la qualité de la vie pourra être modifiée radicalement. Las sciences de la matière peuvent être appliques d’une façon telle qu’elles détruiront la vie, ou qu’elles rendront l’existence indiciblement complexe et inconfortable, mais, à moins qu’elles ne soient utilisées comme instruments par les biologistes et les psychologues, elles sont impuissantes à modifier les formes et les expressions naturelles de la vie, elle-même. La libération de l’énergie atomique marque une grande révolution dans l’histoire humaine, mais non la révolution finale et la plus profonde.

                                La révolution véritablement révolutionnaire se réalisera non pas le monde extérieur, mais dans l’amé et chair des êtres humains ». (….)

« Mais, en attendant, nous sommes dans la première phase de ce qui est peut-être l’avant dernière révolution. Il se peut que la phase suivante en soit la guerre atomique, mais en admettent que nous soyons capables de tirer certes lésons de Hiroshima (…)  « Nous pouvons envisager un période, non pas, certes, de paix, mais de guerre limitée, qui ne soit que partiellement ruineuse. Au cours de cette période on peut admettre que l’énergie nucléaire sera attelée a des usages industriels. Le résultat (…) sera une série de changements économiques et sociaux plus rapides et plus complètes que tout ce que s’est vu à ce jour ».

Toutes les formes générales existantes de la vie humaine seront brisées, et il faudra improviser des formes nouvelles pour se conformer à ce fait non humain qu’est l’énergie atomique (…) Il faudra procéder à quelques extensions et d’amputations qui ont lieu depuis le jour ou la science appliqué s’est réellement mise à marcher à sa cadence propre ; mais cette fois, elles seront considérablement plus rigoureuses que par le passé. Ces opérations qui seront loin de se faire sans douleur, seront dirigés pour les gouvernements totalitaires éminemment centralisés. C’est une chose inévitable ; car l’avenir immédiat a des chances de ressembler au passé immédiat ; et dans le passé immédiat les changements technologiques rapides s’effectuent dans une économie de production en masse et chez une population ou la grande majorité des gens ne possède rien, ont toujours eu la tendance à créer une confusion économique et sociale. A fin de réduire cette confusion le pouvoir a été centralisé et la mainmise gouvernementale accrue. Il est probable que tous les gouvernements du monde seront plus ou moins totalitaires, même avant l’utilisation pratique de l’énergie atomique. Seul un mouvement populaire a grande échelle en vue de la décentralisation et de l’aide individuelle peut arrêter la tendance actuelle a l’étatisme. Il n’y a présentement aucun indice permettant de penser qu’un semblable mouvement aura lieu.  

« Il n’y a, bien entendu, aucune raison pour que les totalitarismes nouveaux ressemblent aux anciens ». (….) « Dans une ère de technologie avancée, l’inefficacité est le pèche contre le Saint Esprit. Un état totalitaire vraiment « efficient » sera celui dans lequel le tout-puissant comité exécutif des chefs politiques et leur armée de directeurs auraient la haute main sur une population d’esclaves qu’il serait inutile de contraindre, parce qu’ils auraient l’amour de leur servitude. La leur faire aimer – telle est la tache assigne dans les états totalitaires d’aujourd’hui aux ministères de la propagande, aux rédacteurs en chef de journaux et aux maitres d’école. Mais leurs méthodes sont encore grossières et non scientifiques. (….) « Le pédagogue moderne et probablement à tout prendre, moins efficace dans le conditionnement des réflexes de ses élevés que ne l’étaient les révérends pères qu’instruisirent Voltaire. Les plus grandes triomphes, en matières de propagande, ont été accomplis, non pas en faisant quelque chose, mais en s’abstenant de faire. Grande est la vérité, mais plus grand encore du point de vue pratique, est le silence au sujet de la vérité. (….)

Mais le silence ne suffit pas. Pour que soient évités la persécution, la liquidation et les autres symptômes de frottement social, il faut que des cotes positives de la propagande soient rendus aussi efficaces que les négatifs.

Le plus important des Manhattan Projects (*) de l’avenir seront des vastes enquêtes instituées pour le gouvernement sur ce que les hommes politiques et les hommes de science qui y participeront appelleront « le problème de bonheur », en d’autres termes, le problème consistant à faire aimer aux gens leur servitude. Sans la sécurité économique l’amour de la servitude n’a aucune possibilité de naitre, j’admets, pour être bref, que le tout-puissant comité exécutif et ses directeurs réussiront à résoudre le problème de la sécurité permanente. Mais la sécurité a tendance à être rapidement prise comme allant de soi. Sa réalisation est simplement une révolution superficielle, extérieure. L’amour de la servitude ne peut être établi sinon comme résultat d’une révolution profonde, personnelle, dans les spirits et les corps humains. Pour effectuer cette révolution, il nous faudra, entre autres, les découvertes et les inventions ci-après. D’abord une technique fortement amélioré, et la suggestion –au moyen de conditionnement dans l’enfance, et plus tarde, l’aide des drogues….

 

(*) Projet Manhattan est le nom de code du projet de recherche qui produisit la première bombe atomique durant la Seconde Guerre mondiale. Il fut mené par les États-Unis avec la participation du Royaume-Uni et du Canada. De 1942 à 1946, il fut dirigé par le major-général Leslie Richard Groves du corps des ingénieurs de l'armée des États-Unis. Sa composante militaire fut appelée « Manhattan District » et le terme « Manhattan » remplaça graduellement le nom de code officiel, Development of Substitute Materials, pour désigner l'ensemble du projet. Au cours de son développement, le projet absorba son équivalent britannique, Tube Alloys.

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