Maria Eugenia
Sanchez
Ecrit en 1946, dans cette préface, Aldous Huxley ne fait pas
des prophéties, ni d’énigmes. Suivant le
fil de sa pensée rationnelle et basé sur l’analyse objectifs de son temps présent,
el dessine une image presque exacte du notre présent dans le monde actuel.
Même s’il ne pouvait pas imaginer que
l’évolution des technologies de la communication, l’irruption d’internet, sa présence
global et son énorme influence, sous la forme de « le village
planétaire » serait l’instrument
idéal pour imposer (nous imposer) notre nouvelle esclavage et notre
« amour pour la servitude » , Huxley touche le point central sur les mobiles de l’Elite
tout puissante que gouvernerait le monde sous des formes totalitaires; en
alliance ou plutôt soumis- , au pouvoir économique mondial et supranational
A continuation le récit de
Huxley :
”…Mais, Le Meilleur des
mondes est un livre sur l’avenir… » (et) … Quel est le
dégrée de plausibilité que semblent posséder ses diagnostiques ? …..
Le thème du Meilleur
des mondes n’est pas le progrès de la science en tant que tel ; c’est
le progrès de la science en tant qu’il affecte les individus humains. Les
triomphes de la physique, de la chimie et de l’art de l’ingénieur sont pris
tacitement comme allant de soi. (…) « C’est uniquement au moyen des
sciences de la vie que la qualité de la vie pourra être modifiée radicalement.
Las sciences de la matière peuvent être appliques d’une façon telle qu’elles
détruiront la vie, ou qu’elles rendront l’existence indiciblement complexe et
inconfortable, mais, à moins qu’elles ne
soient utilisées comme instruments par les biologistes et les psychologues,
elles sont impuissantes à modifier les formes et les expressions naturelles de
la vie, elle-même. La libération de l’énergie atomique marque une grande
révolution dans l’histoire humaine, mais
non la révolution finale et la plus profonde.
La
révolution véritablement révolutionnaire se réalisera non pas le monde
extérieur, mais dans l’amé et chair des êtres humains ». (….)
« Mais, en attendant, nous
sommes dans la première phase de ce qui est peut-être l’avant dernière révolution.
Il se peut que la phase suivante en soit la guerre atomique, mais en admettent
que nous soyons capables de tirer certes lésons de Hiroshima (…) « Nous pouvons envisager un période, non
pas, certes, de paix, mais de guerre limitée, qui ne soit que partiellement
ruineuse. Au cours de cette période on peut admettre que l’énergie nucléaire
sera attelée a des usages industriels. Le résultat (…) sera une série de
changements économiques et sociaux plus rapides et plus complètes que tout ce
que s’est vu à ce jour ».
Toutes les formes générales existantes
de la vie humaine seront brisées, et il faudra improviser des formes nouvelles
pour se conformer à ce fait non humain qu’est l’énergie atomique (…) Il faudra procéder
à quelques extensions et d’amputations qui ont lieu depuis le jour ou la
science appliqué s’est réellement mise à marcher à sa cadence propre ;
mais cette fois, elles seront considérablement plus rigoureuses que par le passé.
Ces opérations qui seront loin de se faire sans douleur, seront dirigés pour les gouvernements totalitaires éminemment centralisés.
C’est une chose inévitable ; car l’avenir immédiat a des chances de
ressembler au passé immédiat ; et dans le passé immédiat les changements
technologiques rapides s’effectuent dans une économie de production en masse et
chez une population ou la grande majorité des gens ne possède rien, ont
toujours eu la tendance à créer une confusion économique et sociale. A fin de
réduire cette confusion le pouvoir a été centralisé et la mainmise
gouvernementale accrue. Il est probable que tous les gouvernements du monde
seront plus ou moins totalitaires, même avant l’utilisation pratique de
l’énergie atomique. Seul un mouvement populaire a grande échelle en vue de la
décentralisation et de l’aide individuelle peut arrêter la tendance actuelle a
l’étatisme. Il n’y a présentement aucun indice permettant de penser qu’un
semblable mouvement aura lieu.
« Il n’y a, bien entendu, aucune
raison pour que les totalitarismes nouveaux ressemblent aux anciens ».
(….) « Dans une ère de technologie avancée, l’inefficacité est le pèche
contre le Saint Esprit. Un état totalitaire vraiment
« efficient » sera celui dans lequel le tout-puissant comité exécutif
des chefs politiques et leur armée de directeurs auraient la haute main sur une
population d’esclaves qu’il serait inutile de contraindre, parce qu’ils
auraient l’amour de leur servitude. La leur faire aimer – telle est la tache
assigne dans les états totalitaires d’aujourd’hui aux ministères de la
propagande, aux rédacteurs en chef de journaux et aux maitres d’école. Mais leurs
méthodes sont encore grossières et non scientifiques. (….) « Le pédagogue
moderne et probablement à tout prendre, moins efficace dans le conditionnement
des réflexes de ses élevés que ne l’étaient les révérends pères
qu’instruisirent Voltaire. Les plus grandes triomphes, en matières de
propagande, ont été accomplis, non pas en faisant quelque chose, mais en s’abstenant
de faire. Grande est la vérité, mais
plus grand encore du point de vue pratique, est le silence au sujet de la vérité.
(….)
Mais le silence ne suffit pas. Pour
que soient évités la persécution, la liquidation et les autres symptômes de frottement
social, il faut que des cotes positives de la propagande soient rendus aussi
efficaces que les négatifs.
Le plus important des Manhattan
Projects (*) de l’avenir seront des vastes enquêtes instituées
pour le gouvernement sur ce que les hommes politiques et les hommes de science
qui y participeront appelleront « le
problème de bonheur », en d’autres termes, le problème consistant à
faire aimer aux gens leur servitude. Sans la sécurité économique l’amour de la servitude
n’a aucune possibilité de naitre, j’admets, pour être bref, que le tout-puissant
comité exécutif et ses directeurs réussiront à résoudre le problème de la sécurité
permanente. Mais la sécurité a tendance à être rapidement prise comme allant de
soi. Sa réalisation est simplement une révolution superficielle, extérieure.
L’amour de la servitude ne peut être établi sinon comme résultat d’une révolution
profonde, personnelle, dans les spirits et les corps humains. Pour effectuer
cette révolution, il nous faudra, entre autres, les découvertes et les
inventions ci-après. D’abord une technique
fortement amélioré, et la suggestion –au moyen de conditionnement dans l’enfance,
et plus tarde, l’aide des drogues….
(*) Projet Manhattan est le nom de code du projet de recherche
qui produisit la première bombe atomique durant la Seconde Guerre
mondiale. Il fut mené par les
États-Unis avec la participation du Royaume-Uni et du Canada. De 1942 à 1946,
il fut dirigé par le major-général Leslie Richard
Groves du corps des ingénieurs de l'armée des États-Unis. Sa composante militaire fut appelée « Manhattan
District » et le terme « Manhattan » remplaça graduellement
le nom de code officiel, Development of Substitute Materials, pour désigner
l'ensemble du projet. Au cours de son développement, le projet absorba son
équivalent britannique, Tube
Alloys.


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