sábado, 16 de marzo de 2024

RENDEZ-VOUS AVEC UN RÊVE



 RENDEZ-VOUS AVEC UN RÊVE 


                                                        
 
La panthère des neiges


                                                               

SYLVAIN TESSON.  Ecrivain, voyageur et essayiste français, a accompagné Vincent Munier, son ami, photographe animalier français, au Tibet, a la recherche de la panthère des neiges. Ce voyage a donné lieu à un film extraordinaire « La panthère des neiges » sorti en 2021.


                                                                       

Sylvain Tesson

                                                

Voici quelques impressions de Sylvain :

« Je l’avais rencontré (Vincent) un jour de Pâques, après la projection de son film sur le loup d’Abyssinie, et notre amitié était née de mon admiration pour l’artiste. Il m’avait raconté sa vie de photographe animalier, et détaillé les techniques de l’affut. C’était un art fragile et raffiné, consistant à se camoufler pour attendre une bête dont rien ne garantissait la venue.

Il m’avait invité à l’accompagner au Tibet a la poursuite d’un être que je croyais disparu, la panthère des neiges.

Pour moi, un rêve

Pour lui, en rendez-vous »

                                 …………………….

                           


Vincent Munier dans une scène du film 


« Munier avait fait de l’affut une esthétique en même temps qu’une philosophie. Il avait attendu la venue des loups blancs d’Ellesmere, des harfangs de l’Arctique, des rennes de Sibérie »

« Mais que cherchait-il mon camarade, à fouiller ainsi les rochers à la jumelle ? Tout n’aurait donc pas être crée pour le regard de l’homme »

                                              

 

Vincent Munier


Sylvain : Toi, quand tu dois revenir dans les Vosges et que tu dois avoir des échos de l’actualité, et de tout le théâtre de marionnettes des hommes, tu dois trouver ça a la fois absurde et effroyable ?

Vincent : C’est sûr que les retours sont parfois compliqués. Mais je le sais. Ça fait plus de 20 ans. C’est vraiment des respirations d’aller dans des endroits comme ça. C’est un peu une fuite, finalement… tu vas dans une nature que n’a pas être bouleversée, que n’a pas été…tu vois…où l’homme n’a pas encore mis sa grosse griffe dessus.

 

(Après l’apparition de la panthère des neiges)

« C’est un saisissement du cœur quand même ; c’est tout ce à quoi on a renoncé, nous : la liberté, l’autonomie, la connaissance parfaite de l’environnement.

J’avais croisé le beau visage de l’esprit des pierres. Son image glissée sous mes paupières vivant en moi quand je fermais les yeux. Je voyais sa face de chat hautain, ses traites plissées vers un museau délicat et terrible

J’avais vu la panthère

J’avais volé le feu

Et je portais en moi le tison

J’avais appris que la patience était une vertu suprême, la plus élégante, et la plus oubliée. Elle aidait à aimer le monde.

Sur les pages de mon carnet, j’avais réuni les quelques principes que m’inspiraient ces journées passes à côtoyer la beauté :

Vénérer ce qui se tient devant vous

Ne rien espérer

Jouir de ce qui s’offre

Avoir foi a la poésie

Se contenter du monde

Lutter pour qu’il demeure »


Tempête au Tibet 











No hay comentarios:

Publicar un comentario