SYLVAIN TESSON.
Ecrivain, voyageur et essayiste français, a accompagné Vincent Munier,
son ami, photographe animalier français, au Tibet, a la recherche de la
panthère des neiges. Ce voyage a donné lieu à un film extraordinaire « La
panthère des neiges » sorti en 2021.
Voici quelques impressions de Sylvain :
« Je l’avais rencontré (Vincent) un jour de Pâques,
après la projection de son film sur le loup d’Abyssinie, et notre amitié était
née de mon admiration pour l’artiste. Il m’avait raconté sa vie de photographe
animalier, et détaillé les techniques de l’affut. C’était un art fragile et raffiné,
consistant à se camoufler pour attendre une bête dont rien ne garantissait la
venue.
Il m’avait invité à l’accompagner au Tibet a la poursuite
d’un être que je croyais disparu, la panthère des neiges.
Pour moi, un rêve
Pour lui, en rendez-vous »
…………………….
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| Vincent Munier dans une scène du film |
« Munier avait fait de l’affut une esthétique en même
temps qu’une philosophie. Il avait attendu la venue des loups blancs
d’Ellesmere, des harfangs de l’Arctique, des rennes de Sibérie »
« Mais que cherchait-il mon camarade, à fouiller ainsi
les rochers à la jumelle ? Tout n’aurait donc pas être crée pour le regard
de l’homme »
Sylvain : Toi, quand tu dois revenir dans les Vosges et
que tu dois avoir des échos de l’actualité, et de tout le théâtre de marionnettes
des hommes, tu dois trouver ça a la fois absurde et effroyable ?
Vincent : C’est sûr que les retours sont parfois compliqués.
Mais je le sais. Ça fait plus de 20 ans. C’est vraiment des respirations d’aller
dans des endroits comme ça. C’est un peu une fuite, finalement… tu vas dans une
nature que n’a pas être bouleversée, que n’a pas été…tu vois…où l’homme n’a pas
encore mis sa grosse griffe dessus.
(Après l’apparition de la panthère des neiges)
« C’est un saisissement du cœur quand même ; c’est
tout ce à quoi on a renoncé, nous : la liberté, l’autonomie, la
connaissance parfaite de l’environnement.
J’avais croisé le beau visage de l’esprit des pierres. Son
image glissée sous mes paupières vivant en moi quand je fermais les yeux. Je
voyais sa face de chat hautain, ses traites plissées vers un museau délicat et
terrible
J’avais vu
la panthère
J’avais volé
le feu
Et je
portais en moi le tison
J’avais appris que la patience était une vertu suprême, la
plus élégante, et la plus oubliée. Elle aidait à aimer le monde.
Sur les pages de mon carnet, j’avais réuni les quelques
principes que m’inspiraient ces journées passes à côtoyer la beauté :
Vénérer ce qui se tient devant vous
Ne rien espérer
Jouir de ce qui s’offre
Avoir foi a la poésie
Se contenter du monde
Lutter pour qu’il demeure »
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| Tempête au Tibet |






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