jueves, 26 de septiembre de 2024

LA CONFUSION DES SENTIMENTS

 


Lee Krasner



LA CONFUSION DE SENTIMENTS » Notes intimes du professeur R. von D. 1926 Traduit par Tatjana Marwinski. (Extrait)

STEFAN ZWEIG

Je ne peux m’empêcher de retranscrire ici textuellement deux pages qui ont ébranlé les fibres les plus profondes de mon âme. Les voilà :

« …manifestement l’un des étudiants avait faire l’éloge de Shakespeare comme d’un phénomène météorologique, mais l’homme juché sur la table souhaitait ardemment démontrer qu’il n’avait été que l’expression la plus forte de toute une génération, son témoignage spirituel, l’incarnation même d’une époque qui se passionnait. D’un trait, il fit l’esquisse de cette heure extraordinaire qu’i avait connu l’Angleterre, de cette unique seconde d’extase, comme il en surgit subitement dans la vie de chaque people ou dans celle de chaque individu, concentrant tous ses forces pour s’élancer avec véhémence sur les choses éternelles. Tout d’un coup, la terre s’était élargie, un nouveau continent avait été découverte, tandis que la plus ancienne puissance de l’ancien continent, la papauté, menaçait de s’effondrer : derrière les mers qui désormais leur appartiennent, depuis que le vent et les vagues ont fracasse l’Armada espagnole, des nouvelles occasions se présentent à eux ; brusquement le monde est devenue plus vaste et instinctivement, l’âme s’applique à l’égaler  _elle veut être plus vaste elle aussi_ elle veut elle aussi, aller jusqu’au but dans le bien et dans le mal : elle veut, pareille aux conquistadors, découvrir, con querir, elle a besoin d’une nouvelle langue, d’une force nouvelle. Et du jour au lendemain, ceux qui vont parler cette langue, les poètes, sont là, cinquante, cent dans une seule décennie, personnages sauvages et indomptables qui ne cultivent plus les jardins d’Arcadie et ne mettent plus en verse une mythologie choisie, comme le faisaient avant eux les poétereaux de cour _ils prennent d’assaut le théâtre, établissent leur champ de bataille dans ces constructions de planches où se déroulaient auparavant des combats d’animaux et des jeux sanglants, et es vapeurs chaudes du sang planent encore sur leurs ouvres, leur drame lui-même est un circus maximus dans lequel les bêtes fauves du sentiment, férocement affamées se ruent les unes sur les autres. Semblables à des lions en furie, ces cœurs passionnés, se déchaînent, chacun cherchant à surpasser l’autre dans la sauvagerie et dans l’outrance ; la représentation a toutes les licences, tous les droits : inceste, meurtre, forfait, crime : le tumulte effréné de tous les instincts humains célèbre sa brulante orgie : comme auparavant les bêtes, affames surgissant de leur cages les passions ivres se précipitent maintenant, menaçantes et rugissantes, dans l’enceinte en bois de l’arène. Une seule de ces étincelles suffit à provoquer une explosion qui irradie encore cinquante ans plus tard, c’est une hémorragie, une éjaculation, une sauvagerie unique qui étreint et déchire le monde entier, c’est à peine si l’on distingue l’individualité d’une voix ou d’un personnage dans cette orgie de forces. On s’embrasse à l’autre, chacun apprend de l’autre, lui vole quelque chose, chacun se bat pour surpasser, pour dépasser l’autre et pourtant ils sont tous les gladiateurs intellectuels d’une seule fête, esclaves affranchis de leurs chaines, fouettés et poussés en-avant pour le génie de l’heure. Il va les chercher dans les masures biscornues et obscures des faubourgs, aussi bien que dans les palais. Ben Johnson, petit-fils de maçon, Marlowe, fils de cordonnier, Massinger, rejeton d’un valet de chambre, Phillip Sidney, homme d’état riche et savant, mais le tourbillon ardent les rassemble tous : adulés aujourd’hui, ils crèvent demain, comme Kid, Heywood, dans la misère la plus noire, ou s’effondrent, morts de faim, comme Spencer dans King Street, existences en marge de la société bourgeoise, batailleurs, souteneurs, comédiens, escrocs, mais poètes, poètes, poètes, ils le sont tous. Shakespeare n’est que le centre : « The very age and body of the time » mais on n’a même pas le temps de le considérer a part, tant ce tumulte est impétueux, tant est foisonnante la création où une ouvre succède à la prochaine, une passion à l’autre. Et tout d’un coup, dans un tressaillement semblable à celui dont elle avait jailli, cette éruption, la plus splendide de l’humanité, retombe, le drame c’est fini, l’Angleterre est épuisée et pendant des centaines d’années la grisaille humide et brumeuse de la Tamise pèse sur l’esprit : en un seul élan, une génération a gravi tous les sommets de la passion et a plongé dans les abimes, elle a craché l’âme exubérante qui la brulait _maintenant le pays git là, fatigué, épuisé, un puritanisme vétilleux ferme les théâtres, et met ainsi fin aux discours passionnés ; la Bible reprend la parole, la parole divine, là où la plus humaine de toutes les paroles a proféré la confession la plus ardente de tous le temps ; là ou une génération enflammée a vécu elle seule pour des meilleurs d’autres »

martes, 20 de agosto de 2024

ERASE UN PAIS DENTRO DE UN RÍO





Norteamérica es un desafío permanente a la imaginación y al pensamiento. Mezcla de realidad y símbolo, de presencia indeseada y de ausencia añorada, es “algo” así como una especie de entidad, que el mundo admira y detesta por igual. La divisa norteamericana inscrita en todos sus símbolos patrios, es E Pluribus Unum (La unión en la diversidad) emblema que intenta reflejar el ideal sobre el que se construyó un país que el mundo en una época consideró una tierra de acogida, un “El Dorado” donde las rutas no estaban pavimentadas de oro, sino de libertad, equidad y oportunidades. 

 Dice Eddy L. Harris: (1)

 “Más que cualquier otro país del mundo, América es una idea. Como un rio donde sus dimensiones, su fuerza, su amplitud y su importancia viene de los numerosos afluentes que vierten sus aguas en él, ella no impone ninguna restricción a aquellos que pueden integrarse y mezclarse. En eso consiste “el sueño americano” 


 Eddy Harris recorre en dos oportunidades, el Mississippi en canoa y con su propio sueño, deseoso de confrontarlo con la realidad y verificar si el alma del rio ha permanecido tan inalterable como la del país, a pesar de sus fragmentaciones, y si como el rio que, tercamente, venciendo represas, diques y desvíos arbitrarios, encuentra su cauce original, Norteamérica llegará alguna vez a llenar de sentido su divisa: Unión en la diversidad. 

 Esta afirmación parecerá extraña y fuera de lugar para todos los que han encontrado en los Estados Unidos su hogar. Pero Harris, fiel al objetivo de su viaje, no cesa de confrontar el rio como elemento natural, con toda su fuerza, su poder y su presencia dominante, con la historia de su país. Y sus reflexiones, suaves como las calmadas aguas, discretas como los momentos de paz inenarrable que encuentra en él, llegan sin embargo a ser demoledoras, como también pueden serlo las aguas del Mississippi en sus crecidas o desvíos sorpresivos de consecuencias a veces devastadoras. Y también como el rio, lento e inexorable, Harris logra demoler el edificio sobre el que está basado, no el país como territorio geográfico, sino la “idea” del país, como tan certeramente lo señala él. Lo cual nos lleva al principio de este recuento: por qué admiramos a Norteamérica. Y veremos que, fuera de la respuesta obvia que salta a los ojos: ¡Cómo no admirarla! Es la primera potencia económica, militar y tecnológica del planeta. Gracias a su apoyo o a la falta de él, el resto del planeta se ha salvado, o no, y continúa salvándose o no, de la opresión y el atraso desde hace más de cien años. Estados Unidos es el fiel de la balanza del mundo, el garante de la Libertad de las Naciones. ¡Por favor! ¡Que pregunta más necia! 

 Pero fuera de esta reacción previsible, decía, encontramos el razonamiento sólido, calmado y profundo de Harris, que, como siguiendo el ritmo del trayecto fluvial, nos ilumina zonas oscuras de nuestros propios pensamientos, nos aleja de la atadura de los prejuicios y puede que, sin ser historiadores, nos acerque a la verdad histórica. 

 Lo primero que se pregunta Harris es sobre qué bases está construida la Historia de Norteamérica, de qué esta compuesto el edificio ideado, idealizado o más precisamente, mítico, que su país se ha forjado como historia, cuento o narración y que él coloca bajo su ojo critico, pero no despiadado, realista pero no exento de profundo amor a su país. Dice:

 “A pesar de mis lentes color de rosa, yo sé que el racismo existe. Con o sin un Presidente negro en la Casa Blanca, la América post-racial no existe aún en la realidad. Los viejos demonios y la desconfianza persisten. Los estereotipos, los fantasmas, los malentendidos, provocan actos que arrastran reacciones de efecto perdurable, que pueden sumergirnos en un estado de duda y aprehensión permanente, de pesimismo y miedo” 

El mito como narracion, se encuentra en el origen de la historia que cada país se fabrica a sí mismo, y Norteamérica no es la excepción. Las fabulas narradas alrededor del fuego por cazadores y granjeros se convirtieron en leyendas, y héroes populares más fuertes y poderosos que la naturaleza, hicieron su aparición: John Henry, Pecos Bill, Paul Bunyan. Incluso más tarde George Washington, y más tarde aún, Hollywood, a través de cuya “fábrica de sueños” (en este caso, pesadillas con consecuencias reales) Norteamérica puso en marcha el proceso sistemático mas frío, despiadado e inhumano de enmascaramiento y tergiversación de la realidad y sus representaciones, borrando la presencia de los negros y presentando una imagen del indio como invariablemente malvado, miembro de grupos desorganizados y nómadas, salvajes compitiendo con los bisontes por el alimento y como no, enemigo del cow boy blanco y bueno. No está de más añadir aquí, que esta intensa campaña ideológica sirvió para sostener la masacre real realizada contra el pueblo indígena norteamericano, precedida por el despojo de sus tierras y el aniquilamiento de su memoria y su herencia cultural y que solo sirvió para alimentar el molino de la mentira sobre la que al parecer se basa la historia norteamericana, mentira que pocos se han atrevido a encarar. 

 En fin, las leyendas crecieron sin que nada se les opusiera, fueron rápidamente adoptadas y transmitidas, acunaron a los bebés como relatos edificantes que hablaban del coraje y la bravura de George Washington (que en realidad era esclavista), Paul Revere, David Crockett, y perduraron hasta después que la época de los pioneros, de los vaqueros y de las fogatas se hubo extinguido. Sin embargo:

 “Nuestros mitos y leyendas nunca han sido verdaderamente colectivos. Porque nuestro país es joven, nacido de la segregación, la violencia y la inequidad, porque nuestra Historia es demasiado reciente para que alguien pueda reivindicarla orgullosamente o relegarla a la vergüenza compartida, porque no poseemos tradiciones universales sólidamente ancladas, ni folklore que nos defina, que nos una o al que adherirnos, salvo al texto fundamental pleno de debilidades y de un conjunto de principios que a duras penas llegamos a conocer, excepto cuando una contingencia exterior nos exige una demostración de patriotismo” 

¿Entonces, tiene o no vigencia la divisa “Unión dentro de la diversidad”? Dice Harris:

 “Hemos llegado hace demasiado poco tiempo, de demasiado numerosos países. No tenemos ya una visión colectiva del mundo, si es que alguna vez la tuvimos. Nuestra historia nos es cada vez menos común. Es difícil compartir algo si antes no nos lo hemos apropiado juntos, si no lo hemos interpretado juntos. Para lo mejor o para lo peor, ya no existe garantía de la fidelidad ni de la integridad de la cultura que creemos común. Es posible que nunca la haya habido. Puede ser que lo que pensábamos, no existía”

 Al terminar de leer el relato de Harris y su empresa de filtrar los sedimentos de su país sumergidos en el fondo de las aguas del Mississippi, lo que surge a la superficie tiene visos de ficción más que de realidad, y nos cuesta creer que una Nación (¿lo es, en realidad?) que fue fundada sobre el exterminio de las culturas indígenas originarias, la segregación de los negros y la negación de su verdadera historia, (o más precisamente, la sustitución de verdades por mentiras) haya llegado a ser la potencia mundial que fue y sigue siendo aún, a pesar de sus fisuras internas. 

Harris responde a este cuestionamiento con una constatación irrefutable. 

 “Cuando los velos se corren sobre la verdad, lo que queda en el núcleo permanece incuestionable. En la periferia los ingredientes pueden mezclarse. Al centro, las ideas e identidades, como las riquezas y los privilegios, deben permanecer reservados y protegidos. En un mundo menos simple donde las verdades se dicen finalmente, no es forzosamente preferible elegir nuestras propias verdades, leyendas, historias o fabulas, puesto que al hacerlo nos alejamos de la comunidad. Perdemos perspectiva, tomando lo que puede ser verdadero en un momento dado, por una verdad general. La falta de una verdad universal, de una Historia común, nos hace más difícil afirmar qué clase de comunidad formamos realmente. La imagen que nos hacemos de nosotros mismos flagela bajo el peso de la imagen de lo que no somos, y que, para ser totalmente honestos, no lo fuimos nunca. Y henos aquí, como huérfanos, buscando desvelar el misterio de nuestra propia identidad”

 (1) Eddy L. Harris « Le Mississippi dans la peau » Edit. Liana Levi, France, 2020.

sábado, 17 de agosto de 2024

TENER LA PIEL COLOREADA

 

Rio. Foto: Maria Eugenia Sánchez 


«A menudo me he preguntado si el miedo se inscribe en la memoria y el patrimonio genético y se transmite de generación en generación. También me he preguntado si los ancianos no experimentaban el miedo a una realidad aún más sombría, que tenía muy poco que ver con el río y mucho con lo desconocido.  O quizás era el miedo acechando desde lo profundo del corazón de un pueblo que vive en un país donde él es la norma, donde le suceden cosas atroces a gente como ellos, como yo, y esas atrocidades pueden suceder en el rio, o en el lado equivocado de la ciudad, o sobre una carretera cualquiera...”

Así describe Eddy L. Harris, apenas un aspecto (el miedo) del universo insondable de emociones, sentimientos, instintos y pensamientos que contiene el alma de la gente como él, quien dice de sí mismo: “Soy escritor, paseante, payaso, viajero. Ser negro no es sino una de mis facetas”. Eddy Harris, escritor estadounidense nacido en Indianápolis en 1956 y residente actualmente en Francia (Charente) ha recorrido y vivido en buena parte de ese mundo que, desde la llegada de los primeros negros al territorio norteamericano, le ha sido negado a los de su raza.  

Pero frente al miedo auténtico de los “negroamericanos” como los denomina Harris, basado en causas reales y más que documentadas, existe también el miedo, igualmente transmitido de generación en generación, de los blancos hacia los negros. Solo que, en este caso, el miedo es utilizado como excusa e incluido como causa legal, exenta de penalización, en la legislación de casi todos los estados del Sur de Estados Unidos, pero también del Norte, para convalidar los atropellos y violaciones a los derechos civiles y humanos de los negros.  Basta con que cualquier blanco aduzca como causal, haberse “sentido” amenazado (es decir, haber sentido miedo) por la sola presencia de un negro en su campo de visión, para quedar exento de penalidad, aun habiendo linchado, colgado, apuñalado o disparado contra ese mismo negro.

Harris describe admirablemente el universo de sensaciones contradictorias que contiene el alma de cada persona de su raza, y, sin embargo, pienso que se queda corto. Ese universo para mi es sencillamente indescriptible, porque va desde el más primitivo instinto de adaptación al medio, con todo lo que ello implica de resignación, entrega y renuncia hasta de la propia condición humana, hasta la toma de consciencia, con toda su carga reveladora y con toda la lucidez que impele a la acción y la búsqueda de Justicia, y entre ambas, la infinita gama de emociones, pensamientos y toma de decisiones personales o colectivas que se suceden unas a otras, incesante y la mayor parte de las veces, contradictoriamente. Porque en suma la pregunta es ¿Cómo huir del color de tu piel, cuando el mundo que te rodea te rechaza por ello, por algo que es totalmente azaroso y ante lo cual no tienes ninguna responsabilidad ni culpa, pero debes sufrirlo porque “otros” ajenos a ti, lo han definido como indeseable y merecedor de castigo?  La respuesta la han dado a lo largo de la historia, no solo los negros, sino todas las razas percibidas como “diferentes” por quienes ocupan el Poder y, en consecuencia, han decretado que sean perseguidas y aniquiladas hasta el exterminio.

Para Harris, interrogarse sobre su condición de negro, es también interrogarse sobre América. Es inevitable. Lo admirable y lo que hace único a Harris, es, por sobre todo, su fidelidad a sí mismo, a lo que siempre quiso ser, desde niño: un explorador del mundo. Y como consecuencia de ello y gracias a esa fidelidad a si mismo, el haber tenido el coraje de llevar ese deseo hasta su realización total, venciendo todos los obstáculos, no solo los inherentes al color de su piel, sino los propios de la vida misma, hasta llegar a ser la persona que siempre quiso ser. Quizás ese ha sido su mayor logro: el haberse convertido en “persona”. Que esa persona que es hoy Eddy L. Harris sea escritor, viajero, conferencista o “pitre”, (como le gusta describirse), son solo añadidos a lo fundamental, ya que construirse como persona en América, siendo negro, es un acto heroico.

Es inevitable escudriñar en las raíces de América cuando se habla de la condición de los negros en Estados Unidos. Dice Harris

“Nada es más americano que el odio racial. El apple pie y el baseball le llegan de lejos. Solo las armas y la violencia son casi tan universales (en América) como el racismo. De una a otra costa, de una frontera a otra, la obsesión racial domina nuestra psique, sin ella no seriamos lo que somos. La cuestión racial subyace en nuestros debates nacionales. Ella es nuestro himno, nuestra pesadilla, nuestra obsesión, nuestro pasatiempo. Ella es el deporte nacional de América y su plato preferido, y lo será aún más en tanto pretendamos que no lo es. Somos como alcohólicos en estado de negación”

Más adelante agrega:

“Me pregunto a veces si los negros, que han tenido miedo durante tanto tiempo, no han llegado a creerse lo que dicen de ellos, si no han terminado por integrar la exclusión y transformar las imposibilidades en prohibiciones, por aprender a limitarse y a conformarse. No tenemos derecho a… luego no lo hacemos. Si no se podía ir a la piscina municipal, o a las playas, entonces era inútil aprender a nadar. No teníamos los medios para pasar una semana en las pendientes de Colorado en invierno, por lo cual jamás aprendimos a esquiar. El temor a los remos mantuvo legítimamente a los negros apartados de los bosques, ríos, lagunas, y de situaciones en las cuales hubiera sido posible probar su identidad, su derecho a encontrarse allí sin tener que demostrar que no habían robado el bello automóvil que conducían. Pero ni siquiera lo intentaron. Si uno se inmoviliza por mucho tiempo, pierde el interés, y si lo pierde el tiempo suficiente, la ausencia deja de ser una pérdida. Uno se habitúa al vacío. Al final, lo que no tenemos ya no nos falta, y desaparece de nuestro horizonte. Lo que no tenemos, lo que no hacemos, se convierte en norma”

Harris deja claramente establecida su auto afirmación como persona, en este párrafo, donde comprendemos claramente su valentía personal y su determinación inquebrantable de sobreponerse a lo que parece ser una maldición bíblica, una condena perpetua socialmente insuperable, y comprendemos las claves de su victoria sobre las circunstancias y los determinantes históricos, geográficos, culturales y sociales que derivan del hecho de haber nacido negro en los Estados Unidos:

“En la unión está la fuerza y la protección. Encontramos la seguridad en el seno de la tropa. Pero, cuando siguiendo al jefe, la tropa salta al precipicio para estrellarse contra las rocas, la tropa ya no es protectora. A fin de cuentas, lo que se hace o no se hace, reposa sobre los hombros del individuo y lo que hace, o no.  Somos la suma de nuestros actos cuando estamos solos. Y solos estamos siempre, aun en grupo”

Harris recorre en dos ocasiones el rio Mississippi, sólo, en canoa, con un intervalo de treinta años entre ambos viajes y plena consciencia de que nadie se baña dos veces en el mismo rio, teniendo como meta ir al encuentro de sí mismo, con todo lo que ello significa, y relatar su experiencia, lo cual realiza en dos magníficos libros: “Mississippi Solo” (Babelio 1988) y “Mississippi dans la peau” (2021) Ediciones Liana Levi, Francia.

Además, de los Estados Unidos Harry no solo visitó sino permaneció por temporadas en varios países europeos, como Alemania, Italia, España, Republica Checa, Francia, entre otros, para finalmente establecer su residencia definitiva en Francia.

Al hablar de su segundo viaje por el Mississippi, reflexiona:

“Que lamentable hubiera sido haberme privado de este viaje, simplemente porque los negros no practican el canotaje ni el Kayak, ni acampan en el bosque ni aprecian la naturaleza, porque el miedo o el temor a arriesgarse lo confinan en su zona de confort, por inconfortable que esta sea. Que inmensa tristeza si me hubiera privado de los eventos a los que asistí, de los lugares que visité, de las actividades que realicé y de todo lo que hice en esta vida, si hubiera dejado de ir a la ópera porque los negros no lo hacen, si hubiera abandonado mis caminatas por los Pirineos o la pesca con mosca en Montana.

Es también por esto que ahora desciendo por el Mississippi en canoa”

lunes, 15 de julio de 2024

PORQUE TENIA FRÍO

 


Mario Abreu. Objeto mágico 


«Me lo puse porque tenía frio» son las palabras que pronuncia Wladislaw Szpilman, pianista judío polaco, como explicación del uniforme alemán que lleva puesto cuando la resistencia polaca lo encuentra, después de haber estado durante un año escondido en un edificio del barrio alemán de Varsovia.

Antes de ese ‘final feliz” llevaba ya varios años huyendo junto a su familia, y después de perderla, sólo, en los innumerables albergues donde pudo refugiarse. Más de tres años escondido, huyendo, más de siete soportando ultrajes y vejaciones, más de cuatro de haber perdido a toda su familia en Treblinka.

La frase “porque tenía frio” es la condensación perfecta de una historia de locura e injusticia: la historia de la segunda guerra mundial, en este caso aislada del relato escueto de los hechos, y llevada a la historia personal de quien la vivió y sobrevivió en carne y hueso. Su simplicidad, su desnudez, su prístina verdad, nos conmueven profundamente por algo que, por su obviedad, no nos detenemos a pensar, y es “porque son pronunciadas”. Porque para decirlas, había sido preciso conservar la vida, permanecer entero, poseer la necesaria integridad físico-corpórea que albergara la mente y el alma de quien tan solo meses antes de ser descubierto y salvado por la resistencia polaca, había sido salvado por Chopin.  

En la película “El pianista” de Román Polansky, la Ballade N° 1 en Gm. Op. 23, que el pianista se ve conminado a interpretar en el desvencijado y polvoriento piano de la habitación, luego de ser descubierto en su escondite por un oficial alemán de alto rango, la música, como un elemento puro de la naturaleza, se transmuta en verdadera presencia, una presencia que, paulatina e inexorablemente, penetra la sensibilidad del oficial alemán, sepultada y aparentemente perdida bajo el peso de años de perpetración del horror, y lo humaniza.

Lo humaniza hasta el punto de perdonarle la vida y apaciguar su hambre y su frio, regalándole su propio abrigo. El mismo abrigo que lleva puesto al momento de la liberación de Varsovia, cuando, sin percatarse de que lo lleva puesto, sale al encuentro de sus partisanos, queriendo abrazarlos.

La música. Solo eso: la música pura y diáfana tal como debió existir en el instante mismo de la creación, como debe existir aun  en el Reino de lo Indecible, en ese Reino al que solo almas como la de Chopin tienen acceso para traducirla al lamentable, mísero y pequeño mundo de los ignaros, el que habitamos; esa música, expresión del misterio y de la magia en sí mismos, traspasó los oídos del oficial alemán, salió por la ventana del edificio en ruinas donde se encontraban el pianista y él, quizás buscando rozar los muros derruidos de la ciudad destrozada, con su fulgor y su materia inasible, y su presencia, invisible pero todopoderosa. En la película, la música desciende hasta la calle, envuelve la calzada (o lo que queda de ella) donde se ha detenido el automóvil del oficial alemán y el chofer, que lo espera, también la escucha. Nosotros, que lo observamos, “sabemos” que la escucha. Lo atrapamos en el gesto fugaz y detenido de desconcierto, en ese infinitesimal re-encuentro con su propia alma. La música es el inaudito recuerdo de que hubo una vez inspiración, que esa inspiración está esperándonos, alta, en otras esferas, y que es posible para nosotros los humanos, alcanzarla. La música nos recuerda que más allá de la miseria queda un rescoldo de esperanza en el lado noble de la humanidad.

Pienso que la imagen puede trasponerse a lo que nos espera a los venezolanos ante la renovada esperanza que envuelve hoy, en este mismo instante, (15 de julio de 2024), al país.

Lo digo porque, aunque en Venezuela no hemos sido víctimas de un invasor extranjero y enloquecido que se ha propuesto exterminarnos por motivos raciales, nos han querido exterminar de todos modos, real y figuradamente, a causa de una ideología mal entendida y peor aplicada: la ideología comunista, sobre la que no me voy a detener porque sus consecuencias son de sobra conocidas en todos los países donde se ha impuesto o pretendido imponer. En nuestro caso, la agresión nos la han infligido nuestros propios compatriotas, que se apropiaron del Poder para su propio beneficio y se han mantenido en él hace más de 20 años, repartiendo las migajas de lo que no les pertenece, (porque la riqueza del país le pertenece a la nación y no a quienes poseen cargos en el gobierno) a un pueblo totalmente indefenso. Indefenso sobre todo de utensilios y herramientas históricas, de educación y  auto-determinación,  un pueblo que nunca antes se había forjado en el sufrimiento, ni adquirido la fortaleza que otorga la consciencia de su papel y sus posibilidades, mas allá de depositar todas sus esperanzas en distintos “Mesías” que, cada uno en su momento, llenaba las expectativas de milagrosa salvación que el pueblo esperaba de ellos, y que, como era de esperarse, fueron fugaces y la Historia, con sus leyes inflexibles, los sobrepasó y los condenó al olvido. Porque la Historia, para cumplirse como los pueblos la esperan, requiere la acumulación de experiencias, del aprendizaje, y de la consciencia de ella misma: de la Historia y de lo que ella significa.

Ahora, en estos momentos, Venezuela esta imbuida en una ola espiritual. Más allá del análisis de los “datos objetivos de la realidad” que, de atenerse a ellos, harían la empresa de liberar al país de la pandilla de gánsteres que la gobierna, (por la via de elecciones democráticas, me refiero) prácticamente irrealizable, el pueblo venezolano ha decidido obviar esos “datos” y se ha volcado por entero a la esperanza milagrosa, adoptando un lema por decir lo menos, inhabitual en el mundo de la política: “Mano, tengo Fe”

Y el candidato que el régimen aceptó como contendor, proclama su adhesión a lo sobrenatural y deposita en esa instancia toda su FE, en la confianza de que desde allá vendrá, no solo la liberación sino la solución de los ingentes problemas que existen en el país y los que por añadidura le esperan al nuevo gobierno, si el Milagro esperado se produce.

Pero los móviles que encienden en un pueblo la llama de la esperanza, llámese a ello inspiración, o ese ‘algo” indefinible, albergue de lo imposible, pertenecen al Universo de la Magia. Es allí, en ese Reino, el mismo de donde extraen su inspiración los creadores, los artistas, los músicos, los poetas, donde el sufrido pueblo venezolano ha ido a buscar su llama de esperanza.

Y nadie provisto de “lógica histórica’, “racionalidad científica” o métodos cartesianos de análisis, ha podido nunca, ni podrá jamás, penetrar los misterios de esa conexión con lo mágico que se Esperanza. produce cuando un pueblo ha decidido apostarlo todo al Reino de la Esperanza.

lunes, 8 de julio de 2024

AISLADOS PERO INTERCONECTADOS

Dorothea Tanning "Cauchemar" 


Byung-Chul Han (Seul, 1959), filósofo y ensayista experto en estudios culturales, profesor en la Universidad de las Artes de Berlin y autor, entre otros ensayos de: "El  Corazón de Heidegger" (1999), "La sociedad paliativa" (2021), Infocracia" (2022), "Capitalismo y pulsión de muerte” (comp. 2022) –por mencionar apenas algunos de sus 16 libros publicados- es sin duda, quizás junto a Yuk Hui (Hong Kong, 1982) uno de los filósofos más importantes de nuestra era. En “Capitalismo y pulsión de muerte” autores como Slavoj Zizek, esloveno, Peter Sloterdyk, alemán, Paul Preciado, español, Yuval Noah, israelí, Judith Butter, estadounidense, Jorden Pellerson, canadiense, y otros importantes investigadores realizan la compilación y el análisis de 14 de sus artículos, entre ellos “La sociedad del cansancio” “La agonía del Eros”, ‘Psicopolitica” y “Pos-democracia”. En ellos, Chul Han emplaza una época -la nuestra- en la que el acopio forzoso de nuestros datos y nuestra exposición voluntaria en las llamadas “redes de información digital”, hacen posible intervenir en la psique humana e influir sobre ella sin que los afectados lo noten. Pero mas allá de esa acotación, en general  ya asumida resignadamente como obvia, Han profundiza sobre otro aspecto no tan obvio y señala: "Aunque contamos con medios de expresión instantáneos para exhibirlo todo y entregarnos al «imperativo de autenticidad”, también se priva al dolor de toda posibilidad de exposición". Volveremos sobre ello al final de este artículo. 

Chul Han hace énfasis en las transformaciones que la comunicación digital ha instaurado en el planeta y afirma que son de tal envergadura que la mente humana no alcanza a percibirlas en su totalidad.
 
Por su parte Yuk Hui (Hong Kong, 1982) actualmente profesor de filosofía de la tecnología en la Universidad de Hong Kong, conocido por sus conceptos sobre cosmotécnica y tecnodiversidad, rechaza el imaginario catastrófico que acompaña la automatización tecnológica, el discurso distópico y la Inteligencia Artificial. Propone, en cambio, desarrollar una nueva critica de la política económica que señale “en particular las problemáticas tecnológicas del presente, para entender las nuevas formas de alienación que trae consigo la tecnología contemporánea” Su concepto de diversidad tecnológica va dirigido a la profundización de una “imaginación tecnológica” que esté al margen de la hegemonía capitalista y el colonialismo, y buscar, por el contrario, “formas localizadas y avanzadas en las relaciones particulares que cada cultura ha mantenido históricamente con sus propios desplazamientos tecnológicos” En otras palabras, a la globalización y cosmovisión capitalista heredada de la modernidad occidental, que hemos asumido como universal, oponer una suerte de "localización tecno-cultural". 

En sus acuciosos estudios sobre el sistema económico capitalista y sus repercusiones sociales, Chul Han se refiere al conocido concepto customer lifetime value (valor del tiempo de vida del cliente) que, en el capitalismo tradicional, designaba el valor que una persona representaba para una empresa al cabo de toda su existencia como cliente, basado en el propósito de transformar paulatinamente a la persona humana en un valor puramente comercial. Al cambiar el capitalismo su carácter puramente empresarial para pasar a lo que es actualmente, un capitalismo financiero movido por la comunicación digital a través de Internet, la diferencia en cuanto a las relaciones interpersonales, “consiste en la facilidad con que en nuestra era se someten a explotación comercial ámbitos de la vida privada de cada ser humano a los cuales antes no se tenía acceso”. Ante la ineluctable pérdida progresiva de nuestros contornos personales, Han considera necesaria la creación de “nuevos ámbitos vitales, nuevas formas de relación interpersonal” que se le opongan, coincidiendo en este punto con las propuestas de Yuk Hui.

En “La Sociedad del Cansancio”, Han rehace la ruta que ha seguido la economía neoliberal a partir de la crisis financiera de los años 90’s, y encuentra en ella el origen de lo que lo que él denomina la “transparencia” (en otras palabras, la compulsión que nos induce a exhibirnos) (1) y el “agotamiento” que expresan esa crisis a nivel de la sociedad y los seres humanos que la integran. Chul Han considera que la neo liberalización económica que siguió a la crisis, y que se tradujo en medidas de flexibilización laboral, competencia descarnada, desregularización de los despidos, donde “todo quedo sometido a una supuesta eficiencia y rendimiento” produjo lo que él denomina “La Sociedad del Cansancio”. El miedo al futuro, el aislamiento personal y la búsqueda de la felicidad bajo la forma de placeres instantáneos y sin consecuencias, condujo a las sociedades a buscar en la exposición de sus vidas, el remedio a sufrustraciones. “Y al final estamos todos agotados y deprimidos” (…) “En realidad, el conjunto de la vida social se convierte en mercancía, en espectáculo. “La existencia de cualquier cosa depende de que sea previamente expuesta, de su ‘valor de exposición” en el mercado. Y con ello, la sociedad expuesta se convierte también en pornográfica (..) “Lo invisible no existe, de modo que todo es entregado desnudo, sin secreto, para ser devorado de inmediato, como decía Baudrillard” (..) “La transparencia (pornográfica) exigida a todo es enemiga directa del placer, que exige un cierto ocultamiento, al menos un tenue velo". 

"La mercantilización es un proceso inherente al capitalismo, que solo conoce un uso de la sexualidad: su valor de exposición como mercancía” Para Chul Han “la forma de curar esa depresión es dejar atrás el narcisismo. Mirar al otro, darse cuenta de su dimensión, de su presencia" (..) “porque frente al enemigo exterior se pueden buscar anticuerpos, pero no cabe el uso de anticuerpos contra nosotros mismos” 
Para precisar lo que sugiere, recurre a Jean Baudrillard: el enemigo exterior adoptó la forma de lobo, luego de una rata, se convirtió más tarde en un escarabajo, y acabo siendo un virus. Hoy, sin embargo, “la violencia, que es inmanente al sistema neoliberal, ya no destruye desde fuera del propio individuo. Lo hace desde dentro y provoca depresión o cáncer (...) “La interiorización del mal es consecuencia del sistema neoliberal que ha logrado que el hombre actual sea su propio explotador, lanzado sólo a la búsqueda del éxito"(...) “Quien fracasa en la sociedad neoliberal del rendimiento se hace a si mismo responsable y se avergüenza, en lugar de poner en duda la sociedad o el sistema. En esto consiste la especial inteligencia del régimen neoliberal de la autoexplotación: en que el individuo dirige la agresividad hacia sí mismo. Esta autoagresividad no convierte al explotado en revolucionario, sino en depresivo” 

Puede quizás con alguna razón, argumentarse que los fundamentos filosóficos de Chul Han solo se apliquen (y aun así en ciertos casos) a sectores específicos de las sociedades de economía altamente desarrollada (aunque él analiza profusamente los casos de Corea y China, ejemplo de economías desequilibradas) y en efecto, por esas y otras afirmaciones ha sido ocasionalmente criticado. 
En todo caso, no es cierto que Chul Han solo ofrezca una visión derrotista de la sociedad actual y del futuro. Sus constantes referencias al pensamiento de Hannah Arendt confirman su concepción de lo político alejada de toda esencia, para resolverse más bien en “pura cuestión de práctica”. A partir de esa noción, despliega un posicionamiento filosófico que lo aleja de la neutralidad y de la abstracción.

 Vicente Bellver Capella, de la Universidad Católica de Valencia, España, (2) nos hace estas importantes aseveraciones: “Cabe preguntarse si su postura molesta por la misma razón que a tantos entusiasma: porque resulta luminosa, sugerente, intuitiva, metafórica, poética, y porque uno tiene la sensación de estar siempre escuchando variaciones de un mismo cuento. Indudablemente su filosofía no se acomoda a los usos académicos, pero ha conectado con las preocupaciones existenciales de muchas personas en el mundo. 

Sus frases: “El Smartphone irrealiza al mundo” ...”es el nuevo banco de torturas del ser humano” “En el régimen liberal de la psico-politica solo caben dos estados: trabajar o hundirse”, le han granjeado torrentes, tanto de adeptos como de opositores.

Continua Bellver: “Pese a las críticas, consideramos que su obra entronca con la más genuina tradición filosófica que, desde Sócrates, interpela a la sociedad de su tiempo para que despierte de su sueño aberrado, mediante un discurso sentencioso, atractivo y provocador”. Han se enfrenta al tremendo reto de la sociedad actual, como es el tránsito del mundo real al virtual. Ofrece las bases ontológicas, antropológicas y sociales desde las que pensar el Derecho y la Política en los tiempos digitales en que vivimos. 

"Nuestra vida “real” pasa a ser la que vivimos en el metaverso, mientras que la que vivimos en el mundo físico y contingente se va convirtiendo en anacronismo. Es mposible que esto no nos afecte." 

“La positividad de la felicidad que nos promete la tecnología digital ha desbancado a la negatividad del dolor. Pero entonces lo que duele es el persistente sinsentido de la vida misma

“El medio digital es un medio que nos “reprograma”. No captamos por entero el cambio, pero “por debajo de nuestra decisión consciente el medio digital cambia decisivamente toda nuestra conducta, nuestra percepción, nuestra sensación, nuestro pensamiento, nuestra convivencia” (3) La negatividad es aquello que le viene dado al individuo y se percibe como límite (la “positividad” pasa a ser un acto deliberado que pertenece a la esfera de la voluntad personal. En cambio, la negatividad se percibe como un límite impuesto). Es lo “no-inmediato”, lo extraño, lo “otro”, lo que produce pesar y resistencia. El “dataismo”no imagina otra realidad detrás del “dato” dado”. Se rechaza a lo negativo porque se revela en forma de sufrimiento o dolor. En otras palabras, se niega la existencia del dolor como un componente esencial de la vida humana. 

Dice Bellver: “Lo “no-inmediato” fuerza a la espera, que es una de las formas más insoportables de la negatividad, porque supone pérdida del control e incertidumbre. En apariencia y perentoriamente “la tecnología digital nos permite “superar” esa forma de negatividad” Los cambios que en el comportamiento individual ha ido introduciendo la sociedad digital abarcan toda la vida humana, como ya bien lo ha afirmado Bellver. Entre ellos menciono el relativo al “descanso-trabajo” y con esto termino: Dice Bellver “En la sociedad digital el descanso es parte del trabajo, es la parte de reponerse “pero no es ocio. Ya que el ocio implica ‘entrar en un tiempo distinto al tiempo del trabajo”. En otras palabras, en la sociedad digital, “la libertad de movilidad se trueca en la coacción que lleva implícita la posibilidad de “trabajar en cualquier parte”. No es libertad, es esclavitud encubierta “llevamos nuestro puesto de trabajo encima”

NOTAS: 
(1). Transparencia: De acuerdo a Han, en la transparencia “las cosas se alisan y allanan. Se vuelven inmediatamente disponibles” 
(2). Bellver Capella, Vicente y Lucas Romero W. en SCIO. Revista de Filosofía N. 23. Universidad Católica de Valencia, España. Año 2022.
(3). Byund Chul-Han “La desaparición de los ritos” en “Capitalismo y pulsión de muerte” (comp.) Edit. Herder, España, 2022.

lunes, 1 de julio de 2024

LA HISTORIA ES UNA MENTIRA

 

Cours de Temple. Limoges. Fotografia mía 

El emblema de la muy recomendable serie «Da Vinci’s Demons” es: “La historia es una mentira”. Lema provocativo como ninguno, me ha hecho pensar y tratar de indagar un poco más a fondo en el significado   -más allá del recuento bélico- de la historia de la segunda guerra mundial. Lo encontré en varios documentales que actualmente se exhiben en Netflix. Uno de ellos es “Turning Point”. Magnifico, muy bien documentado y sostenido recuento de los entresijos del poder mundial durante la Gran Guerra, la Segunda Guerra Mundial, la Guerra Fría y la actual guerra en Ucrania. El otro es “1939-1945: La Humanidad en guerra”. A través de ellos, la Historia (¿Verdad o Mentira? ¿o lo más probable, un poco de ambas?) se me ha revelado lamentablemente viva y todavía sangrante por sus numerosas heridas aún abiertas, (basta recordar Gaza, Israel y Palestina al día de hoy) aunque la “banalidad del mal” se haya ocultado tras el ropaje de positividad y narcicismo avasallante que tanto nos marea en la actualidad.

En la invasión a Rusia, un joven soldado alemán recibe la orden de disparar a quemarropa sobre un soldado ruso. Tras conducirlo por un paraje apartado, el soldado alemán le confía al soldado ruso “yo nunca he matado a un ser humano, y no lo voy a hacer ahora”.  El joven ruso escapa. El hecho pasa a la Historia. A la pequeña quizás, pero a la historia, en fin.

Cuando las tropas aliadas conquistan Sicilia y continúan avanzando hacia Roma, la resistencia italiana pasa a la ofensiva y el pueblo se rebela contra Mussolini. Tras su deposición y posterior aniquilación, los italianos con ayuda de los aliados, recuperan la ciudad y los prisioneros de guerra alemanes son llevados a Roma. Al desfilar por la ciudad, recibiendo insultos y golpes de la población, un soldado alemán distingue entre la muchedumbre a una niña que corre hacia él. La niña le ofrece un melocotón. El soldado alemán lo toma y se lo lleva a la boca. Años después confiesa que el sabor de la fruta y el momento quedaron grabados en su memoria para siempre. La guerra continuó, y el hecho –también- pasó a la historia, junto con todo lo demás.

Cuando los americanos liberan las islas del Pacifico del Imperio Japonés, en la guerra de Iwo Jima, la isla fue bombardeada y asediada por tanques y metralla durante tres meses. Bajo una cima volcánica, sesenta combatientes nipones continuaban resistiendo, aun sabiéndose perdidos. A través de un intérprete, las tropas americanas les solicitan su rendición, les garantizan seguridad y les ofrecen socorro médico y alimentación. Cuando los japoneses comienzan a salir con las manos en alto, un soldado americano comenta “no tiene importancia si estás del lado bueno o del malo. Ellos combaten por su patria con coraje. Yo en su lugar haría lo mismo”

En apariencia el poder lo tienen las armas. Pero realmente el Poder lo tienen las ideas. La “Idea” encandila. Fue lo que hizo Hitler con el pueblo alemán, lo que logró Stalin sobre el pueblo ruso. La idea lanzada por un líder carismático sobre las masas cuando éstas se sienten “interpretadas” por él, las fanatiza y enceguece, o más exactamente: la idea coloca un velo sobre la realidad y la distorsiona. Pero en el combate sobre el terreno, donde los hombres luchan contra sus semejantes por su vida, puede haber ocasiones en las que el velo se descorre y entonces el hombre que está dentro del uniforme logra “ver” al otro que se oculta también bajo su uniforme y es entonces cuando la “idea” que lo ha llevado hasta allí se desencarna, se despoja de su ropaje, adquiere toda su naturaleza. O se hace a un lado frente a la realidad, o la confirma.

La guerra es un contrasentido, un absurdo. Es destrucción, avasallamiento, vileza, miseria. Pero también coraje, heroísmo, amor, nobleza. Lo demostró el soldado alemán al dejar escapar al soldado ruso, la niña italiana ante el prisionero alemán, la empatía del soldado americano con el soldado japonés. Cuando Hitler ordena invadir Rusia, la orden es exterminio total, no solo de la fuerza armada, sino del pueblo ruso.  El ejército alemán avanza dentro del territorio ruso con la orden de no dejar a nadie con vida, y eso pasaba por incendiar casas y granjas, incluidas personas y animales.

La reacción del pueblo ruso fue de odio y furia vengativa contra los alemanes, que se cristaliza años después cuando la Armada Rusa entra en territorio alemán a finales de 1944. En confesión de un soldado ruso que formó parte del ataque, los alemanes habían asesinado a toda su familia en 1940; y su único pensamiento desde entonces había sido la venganza. Y lo logró. Tras un ataque despiadado y sin tregua sobre la ciudad y sus habitantes, ese mismo soldado logró clavar la bandera rusa sobre el Reichstag, tras la victoria definitiva sobre los alemanes. No sabemos si su versión es la verdad. Pero lo que simboliza se encuentra mas allá de la Historia y la supera. 

Para este soldado la idea que Stalin había clavado en su mente se volvía carne en el combate, se volvía “real” al liquidar a todo alemán que se cruzase en su camino. Era el mismo tipo de odio que sentían los alemanes hacia los rusos.

La idea de defender la Patria es la más poderosa de todas y cualquier hecho, por abominable que sea, la justifica. Fue el mismo Churchill quien decidió “acabar con los civiles alemanes” bajo la premisa de “desalentar el apoyo que le prestaban a Hitler”, y fue bajo esa premisa que se produjo el bombardeo aliado sobre Hamburgo, en 1940, que destruyó prácticamente toda la ciudad. Tras el bombardeo, los espías británicos informaron, sin embargo, que una gran cantidad de soldados alemanes aún se encontraban escondidos en una Abadía. Roosevelt había prohibido expresamente bombardear objetivos de importancia histórica o religiosa y la Abadía no había sido tocada.  Hasta entonces. Pues, aunque luego se comprobó que la información era falsa y que, en realidad los que se hallaban en la Abadía eran civiles, el comando aliado decidió bombardearla de todos modos. El fin justificaba los medios, una vez más. Uno de los pilotos confesó después lo que sintió en aquel momento, cuando que se vio obligado a hacerlo: “un acto así no se comete en nombre de la Patria, algo así es solo carnicería”

Las ciudades alemanas fueron devastadas por los rusos y luego por las tropas aliadas. Cuando estos últimos entran a Berlin para acabar con la poca defensa alemana que quedaba, sus obuses, sus tanques y sus metralletas solo añaden más ruinas a las ruinas, más dolor al dolor, más tragedia a la tragedia.

El pueblo alemán sufrió pérdidas, destrucción y miseria como los otros pueblos de Europa, pero ninguno sufrió más que el polaco.   No solo Polonia fue el primer país europeo en ser invadido por Hitler, sino que además de los campos de concentración y la infamia del Gueto de Varsovia, tuvo que soportar hasta el final el encarnizamiento personal de Hitler y el abandono de la Armada Rusa, que los condeno a defenderse solos, y a tener que llamar a las filas de su resistencia a mujeres, ancianos, escolares y niños de 13 y 15 años. Dudo que ningún otro pueblo como el polaco haya dado mayores muestras de valor y coraje ante el tormento.

Ciertamente, nada comparable al que sufrieron los franceses, cuya capitulación y colaboración con el nazismo bajo el gobierno de Pétain en Vichy es difícilmente justificable, aun considerando el heroísmo de Pétain en la Gran Guerra, y viéndolo bajo la óptica benevolente con que se mira la “Resistencia” francesa y al General De Gaulle. Basta ver las imágenes de las tropas aliadas entrando en Berlin, en Hamburgo, en Colonia, para quedar pasmado ante el nivel de destrucción causado por la guerra dentro del mismo país de Hitler. Basta ver las imágenes de esas mismas tropas entrando en Paris, para ver la ciudad esplendente, con sus calles intactas, flores en los balcones y chicas bellas, bien vestidas y peinadas besando a los soldados. Y algo curioso: el documental no menciona al gobierno colaboracionista de Vichy, como tampoco el pacto germano-sovietico! ..

Pero, en definitiva, la guerra asoló al mundo por igual. Entre los rostros de libios, marroquíes o egipcios, y los rostros de los prisioneros rusos o italianos, de los ingleses tras los bombardeos, de los japoneses que se rinden ante las tropas americanas, de las víctimas de las bombas de Hiroshima y Nagasaki, de los soldados americanos en Pearl Harbor, no hay diferencia en la expresión, aunque sean de distintas razas. Todos componen uno solo y el mismo rostro: el de una humanidad librada al desvarío, “no importa de qué lado esté”, al sometimiento, a la enajenación de si misma. E innegablemente víctima del sufrimiento, del dolor indecible que surge del desconocimiento de la causa originaria que –tal vez- justificaría su dolor y su tragedia personal. Su mirada humillada, a merced del flujo de circunstancias ajenas y lejanas que lo avasallaron, -aun tratándose de los “vencedores”- nos deja estupefactos y consternados.

El mundo sigue en sus vueltas y la Historia con ella. A la Segunda Gran Guerra le siguieron las guerras “Santas” o la Yihad Islámica, el ataque a las Torres Gemelas, las epidemias virales, reales o inventadas, la guerra actual en Ucrania, el ataque de Gaza y el genocidio que se comete actualmente en Palestina, la Inteligenica Artificial....

También en las guerras y conflictos actuales se confirma esta apreciación de que las Ideas –o más propiamente dicho, las ideologías- han fungido y fungen aun, como motor de la Historia. Y como las ideologías son un velo sobre los ojos, es por eso –creo yo- que en “Da Vinci’s Demons” se dice que la Historia es una Mentira. Esa y cualquier otra historia. Como ejemplo vemos que nada mueve con más eficacia el aparato del terror islámico que la Idea fanática de la supremacía del islam sobre las otras creencias o religiones. Y que nada mueve con más eficacia a las tropas rusas que la Idea de Putin de revivir el antiguo Imperio Ruso. Y a partir de cómo se interpreten los hechos que dan expresión a esas ideas y las concretan, la Historia –así con mayúsculas- podría ser Verdad o Mentira.

Pareciera que la Humanidad no termina de aprender a vivir con ella misma.  

lunes, 17 de junio de 2024

LO IMMUTABLE


Man Ray. Máscara, 1926 


En esa pequeña Obra Maestra que es el film «Good Bye Lenin» del realizador alemán Wolfgang Becker, (2003) su protagonista, Alex Kerner mistifica en un desvencijado aparato de TV de la antigua República Democrática Alemana, la Utopía en la que todos hemos soñado, para presentarle a su madre hechos y circunstancias que enmascaran una realidad que nadie quiere ver. O, para ser más precisos, una realidad que su madre ha enmascarado bajo ropajes que ella ha asumido como mampara, aunque su conciencia le conmine sin piedad, a abrir los ojos y “ver” lo que ella se ha negado a ver, obnubilada por su pertenencia al Partido Socialista Obrero alemán y presa del terror, imperceptible pero real, del régimen comunista. La paradoja de la historia está magistralmente tejida, con una sutileza plena de ternura, de amor incondicional y del más elevado sentido del humor. Durante el colapso de su país, su madre ha caído en coma profundo, sin llegar a enterarse de los hechos, y en su condición extremadamente delicada, ha sido preciso ocultarle la verdad, a riesgo de una fatal recaída. Alex fabrica entonces, solo por amor filial, una mentira “visual” para que su madre pueda seguir viviendo en la mentira. Una mentira se superpone a otra, pero no solo en la artificiosidad de los juegos de imágenes y montajes ficticios que Alex y su amigo fabrican con aparatos que caducaron tecnológicamente, a minutos apenas de la caída del muro de Berlin, sino en la realidad, pero significan más que eso: Las falsas imágenes del pasado, del “ayer” que Alex fabrica sobre el presente (“su” presente y el “hoy” de su país) nos llevan a interrogarnos continuamente sobre dónde ha estado alojada la “mentira” y dónde la “verdad”. ¿Acaso en el “Oeste”? ¿En la cuna del capitalismo puro y duro, con su culto al individualismo, al consumismo alienante, al poder económico de unos pocos y su desprecio a los más desfavorecidos?  ¿O acaso en el “Este” con su vigilancia, su policía política, su burocracia de partido, su manipuladora ideología del “Bien Común” administrado por una elite burocrática, de inspiración totalitaria?

Los montajes que Alex y su amigo van confeccionando adquieren con el tiempo, niveles de excelencia, si no tecnológica, si en el manejo de los recursos y en la transmisión efectiva del mensaje. El propio Alex lo reconoce cuando, después de una de esas trasmisiones (que por otra parte no han engañado nunca a su madre) reflexiona sobre lo que ha hecho: “Poco a poco he convertido a mi país (Alemania del Este) en lo que yo siempre soñé” Si, porque (y esta es una de las genialidades de su realizador Wolfang Berger) en la ficción de Alex, son los del Oeste los que añoran pasar al Este, y no al contrario. Son esos seres humanos, (más allá de que sean sus compatriotas) hastiados del consumismo egoísta y de su condición alienada, quienes añoran regresar a una vida sencilla, más humanitaria y solidaria. Alex ha logrado nada más y nada menos, que transcribir en esa pequeña pantalla de un televisor antiguo destinado a “engañar” a su madre, la misma, la inmutable, la eterna Utopía perseguida por el Hombre desde sus inicios, eternamente soñada e inalcanzable.

Por otra parte, Alex vive a plenitud la nueva era que se abre ante sus ojos y ante todos sus sentidos (sabores, olores, colores) en su nuevo país reunificado: experimenta por primera vez su sexualidad y su avidez de vida se ve plenamente compensada por el renacer, el despertar explosivo de su país ante las libertades recientes, tan duramente conquistadas. En un momento, abrumado, maravillado y retado por el vértigo de los cambios, se dice (palabras más, palabras menos): “el porvenir era al mismo tiempo incierto y fascinante. Mi país ocupaba el centro del mundo, el lugar donde todo podía ser posible. Y yo estaba ahí y quería pertenecer a eso”

La historia general se entremezcla con la pequeña historia del héroe infantil de Alex:  el único cosmonauta alemán de la carrera espacial de los años 70’s. integrante de la tripulación de la nave espacial rusa Sojuz13. Alex lo pierde de vista a raíz de la separación de las dos Alemanias y cree reencontrarlo después en el país reunificado, aunque solo es un chofer de taxi que se le parece. No obstante, Alex le pide su colaboración para el montaje final con el que pretende mantener el engaño que con tanto esmero y devoción ha fabricado para su madre. Es éste uno de los momentos más conmovedores de la película, porque su madre ya ha visto la estatua de Lenin volar por el cielo transportada por un helicóptero, como diciéndole Good Bye, y ha sido advertida por la novia de Alex de todo lo ocurrido en su país mientras ella estuvo en coma.   Pero ocurre que, en el discurso del falso astronauta, que no es otro que el chofer de taxi que encarna al héroe de la infancia de Alex, atrapado en un tiempo sin tiempo frente a la pantalla, su madre reconoce a Alex y toma consciencia de los abnegados esfuerzos de su hijo para mantenerla en vida mediante el recurso de la ficción y en el fondo, de la poesía. Porque, en palabras de Alex, nuestro cosmonauta afirma (palabras más palabras menos): “Abogo por nuestra reunificación como hermanos que somos de un mismo pueblo, porque no hay Este ni Oeste, ni Norte ni Sur. Desde el espacio he visto la inmensidad de nuestro planeta, y en él, somos un pequeño punto que apenas se distingue. No dejemos que nuestras pequeñeces nos separen más”

Han transcurrido más de 20 años de la realización de este film extraordinario, que he vuelto a ver regocijada, como si fuera por primera vez.  Sí, porque me recuerda que hoy, más que nunca, es necesario rescatar las antiguas Utopías. Ese compendio de sueños sin el cual la Humanidad no habría podido sobrevivir y que, en su esencia, permanece Inmutable.

jueves, 13 de junio de 2024

LA INVENCIÓN DE LA SOLEDAD

Edward Hooper. Sun in a empty room, 1963


LA INVENCION DE LA SOLEDAD

 

De los que he leído, “La Invención de la Soledad” (su primer libro) es uno de los de Paul Auster que más me ha conmovido. Me ha parecido el más honesto, descarnado e íntimo. Más allá de los recursos literarios usualmente identificables en sus novelas, he encontrado en ésta una lucha más encarnizada en la valerosa tarea de llegar al fondo de sí mismo.

Es en la segunda parte del libro donde se entrega a fondo a esa tarea, y para ello se apoya en la construcción de los “Libros de memoria”.  Para desentrañar (literalmente, para extraer de sus más profundas entrañas) sus vivencias y explotar su memoria hasta vaciarla, Auster utiliza un símbolo altamente eficaz: la habitación.  Comienza por una cita de Pascal: “Todo el infortunio de los hombres se origina en una sola cosa: desconocer como permanecer en reposo dentro de una habitación”. La habitación elegida como ámbito de reclusión voluntaria, sintetiza y simboliza la essentia de esta obra:  la soledad. Auster lo ejemplifica en significativas manifestaciones de lo que el mismo llama la “conciencia solitaria”:

El vientre de la ballena que alojó a Jonás.

Crusoe en su Isla

La habitación donde Anna Frank escribió su diario

Las anotaciones de San Agustín sobre la memoria

La habitación de la torre donde vivió Hölderlin durante treinta y seis años tras haber “perdido la razón”

La habitación de Van Gogh en Ámsterdam

Como una estrella de varias puntas, donde cada una de ellas simboliza una cara de la soledad, la habitación ocupa una de esas puntas, otra está representada por el azar, la otra por la memoria.

El azar y la memoria se conjugan en tiempo pasado y presente. A raíz de la muerte de su padre, y queriendo atrapar una memoria inasible, Auster, aislado voluntariamente del mundo exterior, se enfrenta a la inevitable hoja en blanco. Entonces recuerda la habitación en la cual vivió durante varios años en Paris, y, tras hojear en los papeles de su padre, el azar le revela que tanto él como su padre vivieron en la misma habitación, con una diferencia de treinta y cuatro años entre ambas estadías. Y esa revelación le ocurre estando él mismo penando su soledad en una habitación en Nueva York.  Entonces se da cuenta de que el acto de atrapar la memoria (su memoria) debe comenzar necesariamente por reconstruir el papel de la habitación como refugio, alojamiento, o escogencia. 

Otra manifestación del azar y la memoria: Recordando su pasada visita a la casa de Anna Frank en Ámsterdam, Auster se da cuenta de que ella y su hijo nacieron el mismo día, y anota: “La memoria: espacio dentro del cual un evento se produce por una segunda vez”. En un encuentro con un amigo, descubre que ambos son originarios del mismo país europeo y que un tío de su amigo llevaba el mismo nombre que su propio hijo. Errando por las calles de Ámsterdam reconoce con clarividencia que las calles circulares de la ciudad representaban (¿debido al azar?) los círculos del infierno, que quizás el mapa de la ciudad había sido concebido como una imagen del Reino de los Muertos, sobre la base de alguna representación clásica. “Y si Ámsterdam era el infierno, el infierno de la memoria, ello tenia quizás un sentido, aunque él se perdiera en sus calles” (…) “cortada toda relación con lo que le era familiar, incapaz de percibir el más mínimo punto de referencia, veía sus propios pasos que no lo conducían a ninguna parte, llevarlo hacia sí mismo. “Era dentro de sí mismo que erraba y se perdía” (..) “Y lejos de preocuparlo, esa ausencia de referencias devenía una fuente de dicha, de exaltación”

El azar detrás del hecho de que el constructor de la torre que habitó Hölderlin durante una buena mitad de su vida, se llamase Zimmer, que en alemán significa “habitación”

El azar también se convoca a sí mismo en su ejercicio de memoria y se manifiesta en el vínculo inextricable entre padres e hijos, reinsertándolo por así decirlo, en el misterio y la potencia del amor filial:

Su relación con su propio padre

La relación entre Titus y Rembrandt, su padre, quien lo retrató a lo largo de su vida, desde 1650 hasta la última tela que se conserva, de 1660, pocos años antes de su desaparición (Titus precedió a su padre en la muerte)

Sir Walter Raleigh y su hijo, Wat, quien perdió la vida junto a su padre en las selvas de Guyana: “Hasta ahora –le escribe Raleigh a su esposa – yo ignoraba el significado del dolor”

Hölderlin y la pérdida de su hija Suzette, quien murió antes del confinamiento de su padre

Mallarmé y su hijo Anatole…

 

“La memoria: una habitación, un cráneo, un cráneo que encierra la habitación donde se asienta un cuerpo”

La habitación es también el destino elegido por el propio Auster tras la debacle de su matrimonio luego de la desaparición de su padre.

No obstante la búsqueda casi obsesiva de la memoria y el deseo de reconstruir su vida a fuerza de continuas incursiones en el pasado, el presente en forma de “momento” vivido, toma la delantera y se impone con fuerza arrolladora

“Encuentra extraordinario, aun dentro de lo ordinario de su existencia cotidiana, sentir el suelo bajo sus pies, el movimiento de sus pulmones que se expanden y se contraen en cada respiración, saber que puede, colocando un pie delante del otro, andar desde donde se encuentra hasta donde quiere ir. Le parece extraordinario que, en las mañanas, después de despertar, cuando se inclina para atar los cordones de sus zapatos, le invada una bocanada de felicidad tan intensa, tan en armonía con el universo, que toma consciencia de estar vivo en el presente, y ese presente lo envuelve, lo penetra y lo invade súbitamente, sumergiéndolo en la consciencia de estar vivo.  Y la felicidad que descubre en su interior en ese instante es extraordinaria. Que lo sea o no, el encuentra esa felicidad extraordinaria”

Como Auster, también encuentro extraordinaria la transcripción de este complejo de sentires, que sintetiza la vida en toda su complejidad, en toda su grandeza y en toda su elementalidad, cuando nos alcanza la súbita consciencia de estar vivos. 

lunes, 6 de mayo de 2024

ROGER CAILLOIS ET LES PIERRES

 


AUYANTEPUI


ROGER CAILLOIS: À la recherche de l'homme des molécules aux astres

 


« Et pourtant, nous savons tous que toute pensée profonde reste en partie secrète, faute de mots pour l’exprimer, et que toute chose nous demeure en partie cachée »

                                                                        Marguerite Yourcenar

 

Dans l’incontournable biographie de Roger Caillois (Reims, 1913-Paris 1978) intitulé « L’homme qui aimait les pierres » que Marguerite Yourcenar dit elle-même esquisser, nous parcourons, fascinés, la recherche que Caillois fait avec un esprit autant inlassable comme sure de soi, de l’essence humaine, en la découvrant dans les pierres.

Tout a long de sa vie, depuis sa rencontre avec Robert Deumal et le petit groupe qui s’organise comme une espèce de société secrète de connaissance dans le lycée de Reims et sa première approche aux livres qui traceront la route qu’il suivra plus tard, il maintient la « rigueur de sa pensé », il examina, rejette, élimine ce que n’est pas vrai a ses sentiments, son intuition ou sa raison. Il se rapproche au surréalisme, à Georges Bataille particulièrement, pour un court période de temps. La poésie surréaliste l’attire mais tôt « son obstiné rigueur » le fait sentir « la différence entre le fantastique d’ordre littéraire, toujours si proche du factice et du fabriqué, et l’étrange ou l’inexpliqué véritables ».

Plus tard, cette même rigueur qui l’ai fait distinguer entre la sincérité et la vérité, le fait refuser ce qu’on pourrait appeler « les sciences dogmatiques », pour paradoxal que tel appellation pourrait sembler, mais que sert à définir toute science « passant de la recherche désintéresse du vrai a l’obtuse assertion d’un dogme ». C’est ce qui lui arrive par rapport au freudisme et au marxisme. Dans le première cas ses critiques, même sévères, sont loin d’être une condamnation totale. Après avoir exprimé son opposition à l’utilisation des mythes pour certain « freudisme intégral », il considère néanmoins, que c’est la psychanalyse « la seule théorie qu’a jeté les bases d’une politique valable de l’imagination affective, et qu’il reste surtout pour las notions de complexe et pour avoir mis sur pied une réalité psychologique profonde, que dans le cas spécial des Mythes, pourrait avoir à jouer un rôle fondamental ».

Concernant le marxisme ses objections sont dues « moins à une doctrine que s’est inévitablement située à un moment de la sociologie et de l’histoire et dont les résultats sont incommensurables, mais a sa position présente de dogme monolithique ». Et ici Caillois affirme avec lucidité : « Chaque système est vrai pour ce qu’il propose et faux pour ce qu’il exclut »

A chaque halte dans son parcours Caillois s’approche au centre même d’une révélation où il trouvera la synthèse de tout ce qu’il a cherché depuis le début : la vérité cachée dans les pierres.

Le pas suivant est la production d’un chef d’œuvre : Les Jeux et les Hommes.  Sans s’arrêter pour analyser le magnifique bâtiment du jeu qu’il construit, « comme un temple a quatre colonnades » et qu’il nos présente sous ses quatre faces, auxquelles il donne les noms de L’Agon, L’Alea, La Mimicry et L’Illinx, lisons les réflexions de Yourcenar par rapport à chacune de ces « colonnades » : « L’homme qui écrira Bellone ou la pente de la guerre sait combien le jeu se confond avec le combat ; l’auteur de Méduse et Cie sait que le gout de l’ivresse ou celui du déguisement nous est commun avec d’autres espèces animales. Le sociologue qu’écrivait L’Homme et le Sacré, n’ignore pas que tout jeu comporte un rite. La différence entre le jeu et les activités utiles de l’existence, si importante au départ, semble parfois tomber d’elle-même. Dans Cases d’un échiquier, « le jeu d’échecs et l’humble jeu de l’oie deviennent le symbole d’on ne se quoi qu’englobe et dépasse toute vie » (…) le jouer « ébloui ou illuminé,  essaie d’entendre, parfois d’étendre les règles d’un jeu ou il n’a pas demandé de prendre part et qu’il ne lui est pas permis d’abandonner » Et finalement dit Yourcenar : « Si Caillois n’était pas en garde contre toute métaphysique, on trouverait dans ce passage (..) « une image de la vie telle que l’ont vue certains philosophes hindous, comme un jeu qui nos manipule pour des raisons et à des fins inconnues, ou plutôt sans raisons et sans but, une lila divine »

Arrivant à cette étape, rappelons-nous que Caillois a longtemps considéré la logique comme l’arme absolue de la raison humaine. Dans L’incertitude qui vient des rêves, Caillois se sert de l’onirique pour reposer l’éternelle question : Comment distinguons-nous entre la vie diurne, supposé réelle, et la inane vie nocturne des songes ? Cette question est pour Caillois intimement liée à la raison, parce que, au dépit de ce que nous tendons à croire, c’est-à-dire, que la vie diurne a une logique de causes et d’effets que le rêve n’a pas, cette certitude nous rassure contre l’angoisse de songer que la vie que nous tenons pour réelle pourrait aussi ne s’agir que d’un songe. C’est donc dans cette frontière diffuse qui se mélangent la raison et l’absurdité associées à la réalité ou au rêve. N’oublions pas qu’a un certain moment de sa carrière, Caillois a pris pour lui la légende que Goya a placée sous l’un de ses dessins : « Le sommeil de la raison produit des monstres ».